L’embargo russe ne fait pas peur

Face aux sanctions économiques imposées par l’Occident, la Russie a fini par riposter : le 7 août dernier Moscou impose un embargo d’un an sur les produits alimentaires en provenance des pays occidentaux. L’embargo vise, notamment, les produits du secteur agroalimentaire de l’ensemble des pays de l’Union Européenne, des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège. Toutefois, les experts et les politiciens estiment que l’impact de l’embargo du Kremlin sur l’agroalimentaire européen ne sera pas aussi dramatique qu’elle peut en avoir l’air à première vue. En outre, la Commission européenne ne veut pas laisser tomber les agriculteurs face à cet embargo et compte mettre en place les mesures d’urgence prévues par la PAC (politique agricole commune) afin de soutenir le secteur. Ce lundi 18 août, la Commission a annoncé la mise en place de mesures de soutien d’urgence pour les producteurs européens des denrées périssables (fruits et légumes), débloquant 125 millions d’euros jusqu’à la fin du mois de novembre.

L’impact sur la France

Contrairement au scénario cauchemardesque imaginé par certains, la France serait moins touchée que ses voisins par l’embargo russe. Premièrement, selon les sources, l’Hexagone se situe à la sixième ou à la huitième place des explorateurs européens vers la Russie, loin derrière l’Allemagne, les Pays-Bas, la Lituanie, la Pologne et l’Espagne. Deuxièmement, en se basant sur les chiffres de 2013, l’agroalimentaire représente seulement 8% du total des exportations françaises vers la Russie (bien loin les équipements mécaniques, électriques et électroniques, le matériel de transport ou encore les produits pharmaceutiques). Et troisièmement, l’embargo russe ne vise pas tous les produits de l’agroalimentaire mais seulement un certain nombre de viandes, de poissons, de produits laitiers, de fruits et de légumes. Ainsi, certains produits échappent aux restrictions russes comme, par exemple, les vins et les spiritueux, dont la France, premier fournisseur de la Russie, détient 21,7% des parts de marché.

La Russie est loin d’être autosuffisante

Selon la Commission européenne, seulement un tiers de produits alimentaires exportés par la France seront touchés par l’embargo. Et dans tous les cas, les exportations européennes des produits alimentaires vers la Russie ne représentent que 0,1% du PIB européen. Au final, les conséquences de l’embargo de Moscou risquent de peser plus sur l’économie russe que sur celle de l’Union européenne. En effet, la Russie importe pas moins de 35% de sa consommation alimentaire par an. Et même si la Russie pourrait se tourner vers d’autres partenaires commerciaux non-occidentaux pour remplacer ses importations bloquées par l’embargo, l’Union européenne est, elle-aussi, à la recherche des solutions pour réorienter son secteur agricole « vers de nouveaux marchés et opportunités ».