Microsoft et IBM dopent les revenus générés par le Cloud

Le Cloud ? Petite explication : abréviation de Cloud computing, le Cloud ou Nuage désigne une dématérialisation d’une partie de l’infrastructure informatique, consistant à louer à la demande les capacités de stockages et/ou de calcul d’un ensemble d’ordinateurs et réseaux distants. Des grandes entreprises comme Amazon, IBM, Dell, Oracle ou Google mettent donc à disposition contre rémunération (selon diverses formules allant du forfait à la facturation par capacités exploitées) une partie de leurs ressources informatiques à d’autres entreprises, permettant à ces dernières d’alléger leurs propres structures internes tout en ayant un accès globalisé aux données et programmes ainsi stockés.

Un marché en forte croissance

Sur le dernier quadrimestre, les revenus de Microsoft ont fait un bond de 164% tandis que ceux d’IBM ont progressé de 86%. Amazon reste cependant largement en tête en termes de revenus globaux, avec un montant de 932 millions de dollars pour la même période, devançant les 370 millions de Microsoft et les 259 millions d’IBM. Mais la croissance d’Amazon, pointée à 49%, est nettement inférieure à celles de ses deux concurrents, même si elle reste supérieure à la moyenne du marché (45%). Quoi qu’il en soit, un secteur en croissance moyenne de 45% n’est pas quelque chose à prendre à la légère, ce que confirment d’ailleurs ces géants lorsqu’ils continuent à investir fortement dans les infrastructures ad hoc.

Risques légaux

A l’opposé, un facteur externe pourrait contribuer à freiner cette progression. Un tribunal de New York vient en effet de statuer que Microsoft devra obéir aux injonctions des enquêteurs américains quand ces derniers demanderont à avoir accès à des données hébergées dans le Cloud, et ce malgré le fait que lesdites données soient stockées dans des datacenters hors du territoire américain (en Irlande dans le cadre de cette décision de justice en particulier). Microsoft compte bien faire appel de cette décision judiciaire. Mais cette tendance, récurrente, des tribunaux américains, à s’octroyer un droit juridictionnel à l’étranger pourrait être source de nombreux conflits juridiques, et au final, créer une instabilité juridique telle que certaines sociétés pourraient en conclure que la réduction de coût ne vaut certainement pas les risques encourus. Nous voici donc face à un paradoxe : un marché en croissance fulgurante et au potentiel colossal potentiellement miné par des décisions juridiques peu adaptées aux temps présents. Un investissement rentable mais à risque donc.